La réponse courte
Ça dépend de qui est signataire du contrat, pas de qui a le divorce en sa faveur. Tant qu’un contrat d’assurance (auto, habitation, emprunteur) n’a pas été modifié par un avenant, l’assureur continue de réclamer la prime aux personnes inscrites comme souscripteurs — même si le jugement de divorce attribue le logement, la voiture ou le crédit à un seul des deux ex-conjoints. Le divorce change la situation personnelle, mais c’est à vous d’en informer l’assureur pour que le contrat suive.
En clair : le tribunal ou la convention de divorce décide qui garde quoi, mais l’assureur n’est pas automatiquement au courant. C’est à vous de faire le lien entre les deux.
La réponse détaillée : ce que dit vraiment le contrat
Il n’existe pas de règle légale spécifique « qui paie l’assurance en cas de divorce ». La question relève du droit des contrats d’assurance, pas du droit du divorce. Ce qui compte, c’est la qualité de souscripteur inscrite sur les conditions particulières du contrat.
Pour l’assurance auto : si le véhicule et le contrat sont au nom d’un seul conjoint, rien ne change juridiquement — cette personne reste redevable de la prime, même si l’autre utilisait la voiture au quotidien. Si le contrat est au nom des deux (souscripteurs conjoints), l’assureur peut réclamer la cotisation à l’un ou à l’autre en cas d’impayé, tant qu’un avenant n’a pas retiré l’un des deux noms.
Pour l’assurance habitation : la logique est identique. En location, si le bail était au nom des deux époux, la multirisque habitation (MRH) peut aussi l’être. Le départ de l’un des deux du logement ne suffit pas à le sortir du contrat — il faut un avenant écrit auprès de l’assureur, en parallèle des démarches liées au bail.
Pour l’assurance emprunteur (crédit immobilier) : c’est le point le plus sensible. Si le prêt a été souscrit à deux, la quotité d’assurance (souvent 50/50 ou 100/100 sur chaque tête) reste due par les deux emprunteurs tant que le crédit n’a pas été renégocié — via un rachat de soulte, une désolidarisation du prêt, ou son remboursement anticipé. La banque exige alors une nouvelle assurance ou un avenant, et la loi Lemoine permet de changer d’assurance de prêt à tout moment pour trouver une offre adaptée à la nouvelle situation.
L’article L113-2 du Code des assurances impose par ailleurs de déclarer à l’assureur tout changement de situation de nature à modifier son appréciation du risque ou ses conditions. Un divorce, un déménagement, un changement de conducteur principal en font partie : ne rien signaler expose à des complications en cas de sinistre.
Exemples concrets
Cas 1 — Voiture au nom des deux, mari conserve le véhicule. Le contrat auto a été souscrit conjointement. Après le divorce, le mari garde la voiture. Sans avenant, l’assureur peut continuer d’envoyer l’appel de cotisation aux deux noms. Il faut demander la sortie de l’ex-épouse du contrat et, souvent, revoir le tarif : un conducteur seul déclaré peut faire évoluer le bonus-malus (CRM) attaché au contrat.
Cas 2 — Logement loué, l’un des deux part. Le bail et l’assurance habitation étaient communs. L’ex-conjoint qui part doit être retiré du bail (via un avenant ou une résiliation de sa part de solidarité locative) et du contrat d’assurance. Celui qui reste devient seul souscripteur et voit sa cotisation recalculée — parfois à la hausse, car l’assureur perd un cosignataire solvable.
Cas 3 — Maison en crédit, rachat de soulte. Le couple avait emprunté à deux, chacun assuré à 50 %. L’un rachète la part de l’autre pour garder la maison. La banque exige une nouvelle assurance emprunteur sur la tête du seul propriétaire restant, avec un questionnaire de santé actualisé sauf si les conditions du droit à l’oubli s’appliquent. C’est le moment de comparer les offres, la situation ayant changé.
Ce que ça change pour vous : les vérifications à faire
- Listez tous les contrats communs : auto, habitation, emprunteur, mais aussi une éventuelle assurance-vie ou prévoyance avec bénéficiaire croisé — souvent oubliée.
- Contactez chaque assureur dès que la répartition des biens est actée (convention ou jugement), même provisoirement, pour demander un avenant de transfert ou de retrait.
- Ne laissez jamais un contrat « en l’état » en pensant que le divorce suffit à vous désolidariser : juridiquement, seul un document signé par l’assureur vous protège.
- Comparez avant de renouveler : un contrat auto ou habitation individuel n’a pas toujours le même tarif qu’un contrat conjoint — c’est l’occasion de vérifier si l’offre reste compétitive. Nos pages sur l’assurance auto et l’assurance habitation détaillent les critères à comparer.
- Pour le crédit immobilier, demandez systématiquement l’équivalence des garanties par écrit avant de changer d’assurance emprunteur — la banque est en droit de vérifier que le niveau de protection reste comparable. Les pages délégation d’assurance emprunteur et changer d’assurance de prêt expliquent la marche à suivre.
FAQ
Le divorce annule-t-il automatiquement les contrats d’assurance communs ?
Non. Un contrat continue de produire ses effets tant qu’aucun des souscripteurs ne demande sa modification ou sa résiliation. C’est une démarche active à faire auprès de chaque assureur, pas une conséquence automatique du jugement.
Qui est responsable en cas de sinistre pendant la procédure de divorce ?
Tant que le contrat n’a pas été modifié, les règles habituelles s’appliquent : c’est le souscripteur (ou les souscripteurs conjoints) qui reste tenu des obligations du contrat, y compris la déclaration de sinistre dans les délais prévus.
Peut-on résilier un contrat auto ou habitation commun après un divorce ?
Oui, la loi Hamon permet de résilier à tout moment un contrat auto ou habitation dès lors qu’il a plus d’un an, sans frais ni justification particulière liée au divorce. Le nouvel assureur peut se charger des démarches de résiliation si vous en souscrivez un autre.
Faut-il refaire un questionnaire de santé pour l’assurance emprunteur après un divorce ?
Cela dépend du type d’opération : un simple changement de quotité peut nécessiter une nouvelle évaluation du risque, tandis qu’un rachat de soulte avec nouveau prêt implique généralement un nouveau questionnaire, sauf application du droit à l’oubli prévu par la loi Lemoine.
En résumé
Le divorce ne fait pas disparaître vos contrats d’assurance : il crée simplement une nouvelle situation qu’il faut formaliser auprès de chaque assureur, contrat par contrat. Mieux vaut agir tôt — dès la séparation de fait ou la signature de la convention — pour éviter de payer une prime pour un bien que vous n’avez plus, ou de rester exposé sur une assurance emprunteur que vous pensiez avoir quittée.
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